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Où investir en 2026 : rendement, fiscalité et horizon patrimonial selon votre situation
Publié le 21/10/2026Où investir en 2026 pour faire fructifier son épargne et développer son patrimoine ? Chaque placement présente des avantages, des niveaux de risque et des perspectives de rendement différents. Découvrez comment comparer ces solutions selon votre profil.
Temps de lecture : 13 min – Auteur : Isabelle BIARD – Mis à jour le 15 octobre 2026
L’essentiel à retenir
- Il n’existe pas de meilleur placement, seulement des placements adaptés à une situation : livrets réglementés, assurance-vie, PEA, SCPI et immobilier locatif direct ne remplissent pas le même rôle patrimonial.
- Trois critères tranchent avant le rendement : votre horizon de détention, votre pression fiscale actuelle, et votre capacité à mobiliser le crédit.
- L’immobilier locatif direct est la seule classe d’actifs finançable massivement à crédit par un particulier — c’est son avantage structurel, avant tout avantage fiscal.
- La fiscalité de sortie change les arbitrages : plus-value immobilière, abattements par durée de détention et prélèvements sociaux sont presque toujours absents des comparatifs de placements.
- iSelection raisonne par situation patrimoniale, pas par classement de rendement : un conseiller dédié part de votre imposition, de votre horizon et de votre objectif de transmission pour identifier le dispositif fiscal cohérent — puis sélectionne les programmes qui y répondent.
« Où investir en 2026 ? » est une question mal posée. Elle attend un classement, alors que la réponse dépend de trois paramètres qui vous sont propres : à quelle échéance vous aurez souhaitez investir, quel impôt vous payez aujourd’hui, et quelle est votre capacité d’emprunt.
Cet article part donc de ces paramètres plutôt que d’un palmarès. Le module ci-dessous vous permet de filtrer les classes d’actifs disponibles selon votre situation ; le reste de la page détaille chaque mécanisme, sa fiscalité et ses limites.
Environnement de placement en 2026 : ce qui a changé
Un placement ne se juge jamais dans l’absolu, mais par rapport au rendement des placements à capital garanti disponibles au même moment, et à l’inflation qui l’érode. Ces deux repères ont bougé.
Taux directeurs et livrets réglementés : où en est-on ?
Le taux du Livret A est fixé par arrêté du ministre de l’Économie, sur recommandation de la Banque de France, et révisé selon un calendrier semestriel.
Taux en vigueur : 1,70 % net, en vigueur depuis le 1er août. Ce taux est le plancher à partir duquel comparer tout autre placement : un actif risqué qui ne fait pas nettement mieux ne rémunère pas le risque pris.
Il concerne aussi le LDDS, et par ricochet la rémunération des fonds euros, dont les assureurs ajustent le rendement servi en fonction de l’environnement de taux.
Inflation et rendement réel : la variable à ne pas négliger
Le rendement qui compte n’est pas le rendement affiché, mais ce qu’il reste après inflation. Un placement à 3 % dans une économie à 2 % d’inflation, mesurée par l’indice des prix à la consommation de l’INSEE, produit 1 % de pouvoir d’achat supplémentaire.
Cette lecture change les arbitrages. Une épargne de précaution intégralement logée sur un livret perd du pouvoir d’achat dès que l’inflation dépasse son taux — ce qui n’en fait pas un mauvais outil, mais un outil de liquidité plutôt que de rendement.
Pour l’immobilier locatif, la question se pose différemment : l’inflation érode la dette à taux fixe, ce qui joue en faveur de l’emprunteur, tandis que la révision des loyers reste encadrée par l’Indice de Référence des Loyers (IRL).
Immobilier locatif : un marché qui se repositionne
Le marché du logement neuf a connu une contraction des volumes, avec pour conséquence une recomposition de l’offre disponible : moins de programmes, mais des opérateurs plus sélectifs sur les emplacements.
Côté dispositifs, l’année 2026 se caractérise par un recentrage. Le Pinel n’est plus commercialisable depuis fin 2024, ce qui redirige la demande vers les régimes de droit commun et vers le logement locatif intermédiaire :
- LMNP, déficit foncier, nue-propriété
- Nouveau Statut bailleur privé
- Loi Denormandie
Ce recentrage a un effet pratique : les dispositifs restants sont moins des « niches à défiscaliser » que des régimes fiscaux structurels, dont l’intérêt dépend de votre situation d’imposition et non d’une fenêtre de tir.
Panorama des classes d’actifs disponibles en 2026
Cinq familles couvrent l’essentiel des situations. Elles ne s’opposent pas : un patrimoine construit combine généralement une poche de liquidité, une enveloppe fiscale et un actif de rendement.
Livret A et livrets réglementés
- Capital garanti, disponibilité immédiate, exonération totale d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, plafond de versement. C’est le seul produit de cette liste qui réunit ces quatre caractéristiques.
- Sa fonction est l’épargne de précaution : trois à six mois de charges courantes, mobilisables sans délai ni pénalité. Au-delà, l’argent qui dort sur un livret est un choix par défaut, rarement une stratégie.
Assurance-vie : fonds euros et unités de compte
L’assurance-vie n’est pas un placement mais une enveloppe, qui peut contenir un fonds euros à capital garanti, des unités de compte exposées aux marchés, ou les deux.
- Son intérêt est fiscal et successoral. Après 8 ans de détention, les produits rachetés bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple. La clause bénéficiaire permet par ailleurs de transmettre hors succession dans des conditions propres au contrat.
- Sa limite : elle ne se finance pas à crédit. Vous n’y investissez que l’épargne dont vous disposez déjà.
Plan d’Épargne en Actions (PEA)
Le PEA est l’enveloppe fiscale des actions européennes, plafonnée à 150 000 € de versements. Après 5 ans, les plus-values sont exonérées d’impôt sur le revenu — les prélèvements sociaux de 17,2 % restant dus.
- C’est la classe d’actifs la plus liquide de cette liste après les livrets, et la plus volatile. Le risque de perte en capital est réel et non plafonné à la baisse sur un titre donné.
- Un retrait avant 5 ans entraîne en principe la clôture du plan et la perte de l’avantage fiscal, ce qui en fait un outil de long terme malgré sa liquidité technique.
SCPI : immobilier indirect mutualisé
Les SCPI permettent d’accéder à l’immobilier locatif sans acheter de bien : vous détenez des parts, une société de gestion acquiert et gère le parc, et vous percevez une quote-part des loyers.
- Trois avantages concrets : mutualisation du risque locatif sur des dizaines d’actifs, aucune gestion à assumer, et un ticket d’entrée très inférieur à celui d’un bien en direct.
- Trois contreparties : les revenus sont imposés comme des revenus fonciers, sans mécanisme d’amortissement ; les frais de souscription amputent la performance des premières années ; et la revente passe par un marché secondaire dont la liquidité n’est pas garantie.
Immobilier locatif direct et dispositifs fiscaux
C’est la seule classe d’actifs de cette liste qu’une banque finance massivement à crédit pour un particulier. Cette caractéristique, plus que tout avantage fiscal, explique sa place dans les stratégies patrimoniales. Cet effet de levier permet de se constituer progressivement un patrimoine, grâce à l’emprunt et aux loyers perçus.
L’immobilier offre également plusieurs leviers d’optimisation fiscale, qui reposent sur deux mécanismes distincts :
- La réduction directe de l’impôt à payer, avec des dispositifs comme le Denormandie ou la loi Malraux.
- La diminution des revenus imposables, grâce à la déduction de charges ou à l’amortissement du bien, notamment avec le déficit foncier, les Monuments Historiques, le LMNP ou le nouveau statut du Bailleur privé.
À ces solutions s’ajoute l’investissement en nue-propriété, qui permet d’acquérir un bien à prix décoté, sans percevoir de loyers ni supporter leur fiscalité pendant la période de démembrement.
Chaque dispositif répond ainsi à un objectif patrimonial spécifique :
- LMNP : percevoir des revenus locatifs en bénéficiant d’une fiscalité potentiellement allégée.
- Nue-propriété : se constituer un patrimoine à long terme sans revenus locatifs immédiats.
- Déficit foncier : investir dans l’ancien avec travaux et réduire ses revenus imposables.
- Bailleur privé (dispositif Jeanbrun) : investir dans le locatif nu en bénéficiant d’un mécanisme d’amortissement fiscal, sous conditions.
- Denormandie : rénover un logement ancien dans une commune éligible tout en bénéficiant d’une réduction d’impôt.
- Loi Malraux : investir dans la restauration d’immeubles patrimoniaux avec un avantage fiscal lié aux travaux.
- Monuments Historiques : restaurer et préserver un patrimoine architectural d’exception tout en bénéficiant de déductions fiscales spécifiques.
Le choix ne repose donc pas uniquement sur le rendement locatif ou l’avantage fiscal affiché. Il dépend avant tout de votre niveau d’imposition, de votre capacité d’emprunt, de votre besoin de revenus complémentaires et de votre horizon de placement.
Les programmes d’investissement locatif disponibles sont ensuite filtrés en fonction du régime retenu, pas l’inverse.
Vous hésitez entre plusieurs classes d’actifs ? L’immobilier se distingue par son effet de levier et la diversité de ses stratégies patrimoniales, mais doit aussi être évalué au regard de ses contraintes de gestion, de sa liquidité et des risques associés.
Tableau comparatif : rendement, fiscalité et horizon par classe d’actif
Comparatif des classes d’actifs disponibles en 2026 : rendement, fiscalité, horizon, liquidité, ticket d’entrée et effet de levier
Les fourchettes de rendement sont des ordres de grandeur de marché, exprimés en brut avant charges et fiscalité, et non des valeurs contractualisées ni garanties. Elles doivent être revalidées à la date de consultation.
Choisir selon votre profil patrimonial
C’est ici que le raisonnement bascule. Plutôt que de classer les placements par rendement, partez de vos objectifs : la classe d’actifs en découle.
Vous préparez votre retraite : LMNP et revenus locatifs peu fiscalisés
L’objectif est un flux de revenus à une échéance connue, généralement 10 à 20 ans. L’enjeu est double : anticiper la baisse des revenus liée à la cessation d’activité et limiter la fiscalité sur les loyers perçus, afin de préserver le rendement net de son investissement.
Le LMNP au régime réel répond précisément à ça. L’amortissement comptable du bien et du mobilier réduit la base imposable des loyers sans aucune sortie de trésorerie, ce qui améliore le revenu net perçu par rapport à une location nue équivalente.
Le calendrier compte autant que le montage. Un bien financé à crédit dont le prêt s’achève au moment du départ à la retraite transforme une mensualité en revenu disponible : c’est ce timing qu’un conseiller dédié calibre avec vous, et non pas uniquement le rendement affiché du bien.
Vous souhaitez transmettre : nue-propriété et démembrement
Le démembrement de propriété sépare l’usufruit, qui donne le droit d’usage et de perception des loyers, de la nue-propriété, qui donne le droit de disposer du bien à l’extinction de l’usufruit.
En achetant la seule nue-propriété, vous acquérez à prix décoté et ne percevez aucun loyer pendant la période. Vous ne supportez ni gestion locative, ni fiscalité locative, ni gros travaux. À l’échéance, la pleine propriété se reconstitue de plein droit, sans fiscalité au titre de cette reconstitution.
Pour un objectif de transmission, l’intérêt est double : la valeur transmise est celle de la nue-propriété, calculée selon le barème de l’article 669 du Code général des impôts, et l’opération s’articule avec une donation de parts ou de droits.
Vous cherchez à réduire votre pression fiscale : loi Denormandie, déficit foncier et LLI
La loi Denormandie a repris les principes de réduction d’impôt du Pinel, mais sur l’ancien avec travaux. Il permet d’obtenir une réduction d’impôt pouvant atteindre 21 % du prix de revient de l’investissement, selon la durée d’engagement de location (6, 9 ou 12 ans). Au total, jusqu’à 63 000 € de réduction d’impôt (pour une acquisition plafonnée à 300 000 €).
Pour le déficit foncier, le critère décisif est votre tranche marginale d’imposition, parce que le déficit foncier est un mécanisme de déduction et non de réduction d’impôt : son effet réel est proportionnel à votre taux d’imposition. Les charges déductibles d’un bien loué nu (travaux, intérêts d’emprunt) s’imputent d’abord sur vos revenus fonciers, puis sur votre revenu global dans la limite de 10 700 € par an, le solde restant reportable sur les revenus fonciers des années suivantes. (plafond majoré à 21 400 € sous conditions de rénovation énergétique).
Le logement locatif intermédiaire constitue l’autre voie pour ce profil, avec une logique différente : contreparties sociales — plafonds de loyers et de ressources — en échange d’un avantage fiscal et d’un positionnement sur des zones tendues.
Vous débutez avec une capacité d’épargne mensuelle limitée
Sans capital constitué, la question n’est pas « où placer » mais « comment enclencher ». Deux leviers seulement : la capacité d’emprunt et la régularité.
La capacité d’emprunt s’apprécie sur un taux d’endettement plafonné à 35 % des revenus, assurance comprise, et sur la stabilité de ces revenus. C’est ce que la banque regarde, avant la qualité du bien.
- Pour une résidence principale en primo-accession, le Prêt à Taux Zéro (PTZ) peut compléter le financement. Attention : il ne s’applique pas à l’investissement locatif.
- Une alternative existe pour ce profil : commencer par une enveloppe souple, assurance-vie ou PEA, en versements programmés, et basculer vers l’immobilier locatif lorsque la capacité d’emprunt et l’apport sont constitués. L’investissement dans un studio étudiant en LMNP est un premier placement plus accessible, à partir de 80 000 €HT.
Fiscalité à l’entrée, pendant la détention et à la sortie
La plupart des comparatifs s’arrêtent à la fiscalité pendant la détention. C’est la moitié du sujet : ce que vous paierez en sortant modifie l’arbitrage autant que ce que vous économisez en cours de route.
Amortissement LMNP : comment il réduit la base imposable
En location meublée, les loyers relèvent des bénéfices industriels et commerciaux et non des revenus fonciers. Cette qualification ouvre droit à l’amortissement, prévu au régime des amortissements de l’article 39 du CGI et encadré par l’article 39 C pour les loueurs.
- Le principe : vous déduisez chaque année une fraction de la valeur du bien hors terrain et du mobilier, selon leur durée d’usage. Cette charge comptable ne correspond à aucun décaissement.
- Combinée aux charges réelles, elle peut neutraliser l’imposition des loyers pendant de longues années. C’est le mécanisme le plus puissant du panorama pour un objectif de revenus, et celui que les comparatifs de placements résument à tort en « avantage fiscal de l’immobilier ».
La contrepartie est administrative : le calcul par composants suppose de choisir le régime réel et une comptabilité tenue par un professionnel.
Démembrement : décote à l’achat et reconstitution des droits
La décote obtenue à l’achat n’est pas arbitraire : elle correspond à la valeur économique de l’usufruit cédé pendant la durée du démembrement, appréciée selon la durée et le rendement attendu du bien.
Pour les transmissions et les calculs de droits, l’administration applique le barème de l’article 669 du CGI, qui fixe la répartition entre usufruit et nue-propriété selon l’âge de l’usufruitier.
À l’extinction de l’usufruit, la reconstitution de la pleine propriété n’est pas une nouvelle acquisition : elle ne génère ni droits de mutation, ni imposition au titre de cette opération.
Plus-value immobilière : ce que les comparatifs oublient souvent
C’est l’angle mort des classements de placements. La cession d’un bien immobilier autre que la résidence principale génère une plus-value immobilière, imposée à 19 % au titre de l’impôt sur le revenu et à 17,2 % de prélèvements sociaux.
- Des abattements progressifs s’appliquent selon la durée de détention
- Avec une exonération totale d’impôt sur le revenu au bout de 22 ans et de prélèvements sociaux au bout de 30 ans.
Ce calendrier a une conséquence directe sur l’arbitrage avec le PEA, où l’exonération d’impôt sur le revenu intervient dès 5 ans. À horizon court, l’enveloppe actions est fiscalement plus favorable à la sortie ; à horizon long, l’immobilier rattrape et dépasse, effet de levier compris.
Un point à intégrer pour le LMNP : les amortissements pratiqués sont réintégrés dans le calcul de la plus-value lors de la revente. L’économie réalisée pendant la détention se paie donc en partie à la sortie, ce qui renforce l’intérêt d’une détention longue.
Prélèvements sociaux et abattements selon la durée de détention
Les prélèvements sociaux sur les revenus du capital s’élèvent à 17,2 %, décomposés en CSG de 9,2 %, CRDS de 0,5 % et prélèvement de solidarité de 7,5 %.
Ils s’appliquent aux revenus fonciers, aux plus-values immobilières et à la plupart des produits d’épargne, mais pas au Livret A ni aux livrets réglementés, exonérés à ce titre.
A retenir : une exonération d’impôt sur le revenu n’est presque n’entraîne pas nécessairement une exonération de prélèvements sociaux. C’est notamment le cas pour le PEA après 5 ans, mais aussi pour les plus-values immobilières : l’exonération d’impôt sur le revenu est acquise après 22 ans de détention, tandis que l’exonération totale de prélèvements sociaux n’intervient qu’après 30 ans.
Immobilier locatif direct ou SCPI : arbitrage technique
Les deux donnent accès au marché immobilier locatif, mais ne s’adressent pas au même investisseur ni au même montant.
Levier du crédit : l’avantage structurel de l’immobilier direct
- Un bien détenu en direct se finance couramment à hauteur de 80 % du prix, parfois davantage frais inclus selon le dossier. Ce sont les loyers, et non votre épargne, qui remboursent l’essentiel de la mensualité.
- Les SCPI sont finançables à crédit, mais dans des conditions généralement moins favorables : quotités plus faibles, durées plus courtes, taux supérieurs, parce que la banque prend en garantie des parts et non un bien.
Ce différentiel est l’argument principal en faveur du direct pour qui a une capacité d’emprunt disponible. Le levier amplifie toutefois la contrainte de trésorerie en cas de vacance : il n’est pas une garantie de résultat.
Liquidité, ticket d’entrée et gestion : les différences concrètes
Sur le ticket d’entrée, l’écart est d’un ordre de grandeur : quelques milliers d’euros pour des parts de SCPI, contre le prix d’un logement en direct.
Sur la gestion, la SCPI vous en dispense entièrement. En direct, vous gérez ou vous déléguez, et la délégation a un coût exprimé en pourcentage des loyers encaissés.
Sur la liquidité, les deux sont peu liquides, mais différemment : une SCPI se revend sur un marché secondaire dont la profondeur varie ; un bien se revend au prix du marché local, avec des délais de plusieurs mois.
Sur la fiscalité, enfin, le direct dispose d’un outil que la SCPI n’a pas : l’amortissement en LMNP et avec le Bailleur privé, et des réductions d’impôt pour Denormandie, Malraux. Les revenus de SCPI restent imposés comme des revenus fonciers.
IRL et révision des loyers : le cadre réglementaire
Dans les deux cas, le loyer n’évolue pas librement. La révision annuelle des baux d’habitation est encadrée par l’IRL, publié trimestriellement par l’INSEE.
- Cet indice plafonne la hausse applicable, et sécurise en pratique la prévisibilité de vos recettes : il protège le locataire d’une hausse brutale, et vous d’une hypothèse de revalorisation irréaliste dans votre plan de financement.
- À cela s’ajoute, dans certaines agglomérations, un encadrement des loyers au premier bail qui plafonne le loyer de départ. Ce paramètre doit être vérifié commune par commune avant tout calcul de rendement.
Risques à connaître avant de décider
Aucun des placements présentés n’est sans risque, y compris ceux dont le capital est garanti ; l’inflation constitue en soi un risque.
Ces risques se calibrent, ils ne se devinent pas. Une simulation sur votre situation réelle vaut mieux qu’un comparatif générique.
Tous les dispositifs immobiliers assortis d’un avantage fiscal imposent un engagement locatif : durée minimale de location, nature du bail, parfois plafonds de loyer et de ressources du locataire.
Le non-respect de l’une de ces conditions entraîne la reprise de l’avantage obtenu, réintégré à l’impôt de l’année de la rupture. Ce n’est pas une pénalité théorique : c’est le premier risque, et le plus fréquent, sur un montage mal calibré.
Un plan de financement qui suppose douze mois de loyer par an sur toute la durée du crédit est un plan optimiste. Un mois de vacance ampute d’environ 8 % le revenu annuel attendu.
S’y ajoutent les impayés, les dégradations et les périodes de relocation entre deux baux. Ces aléas se couvrent partiellement (assurance loyers impayés, gestion déléguée) mais chaque couverture a un coût qui pèse sur le rendement net.
- Sur les actions, la perte en capital est immédiate et visible : le PEA ne comporte aucune garantie.
- Sur l’immobilier, le risque est moins volatil mais moins liquide : la valeur d’un bien dépend du marché local au moment de la cession, et un marché baissier ne se contourne pas en attendant quelques jours.
- Sur les taux, une remontée du coût du crédit pour un nouvel acquéreur pèse sur les prix, tandis qu’un emprunteur déjà engagé à taux fixe en est protégé. C’est l’une des rares situations où avoir agi tôt constitue en soi une protection.
FAQ – Où investir en 2026
Il n’existe pas de réponse unique. Le rendement locatif brut estimé d’un bien en LMNP, la performance d’un PEA en actions ou le taux d’un fonds euros en assurance-vie dépendent de l’horizon, du profil de risque et de la fiscalité personnelle de l’investisseur. Un comparatif structuré par profil est plus utile qu’un classement universel : à rendement brut équivalent, deux placements peuvent produire des résultats nets très différents selon votre imposition.
Il est toujours conseillé d’avoir un portefeuille diversifié, réparti entre plusieurs actifs. Les deux classes d’actifs n’ont pas le même rôle patrimonial.
L’immobilier locatif direct offre l’effet de levier du crédit et des dispositifs fiscaux que la Bourse ne propose pas.
Le PEA offre en contrepartie une liquidité immédiate et une exonération d’impôt sur le revenu après cinq ans.
L’arbitrage dépend de votre capacité d’endettement, de votre horizon et de votre pression fiscale actuelle
Oui, le Livret A reste utile comme épargne de précaution immédiatement disponible, à capital garanti et sur un horizon court. En revanche, il ne constitue pas un outil de stratégie patrimoniale de long terme, et son taux est très bas.
En régime réel, le statut LMNP permet de déduire comptablement la dépréciation du bien et des meubles des revenus locatifs : il s’agit du principe de l’amortissement. Ce mécanisme réduit, voire annule, la base imposable sans générer de sortie de trésorerie — ce qui améliore le rendement net après fiscalité par rapport à une location nue classique.
La nue-propriété repose sur un démembrement de propriété : vous achetez le bien avec une décote, l’usufruitier l’occupe ou le loue pendant la durée du démembrement, puis vous récupérez la pleine propriété automatiquement à son terme. L’usufruitier est un bailleur institutionnel qui se charge d’entretenir le bien. Il est même possible de revendre à tout moment, l’accord de l’usufruitier n’est pas nécessaire. Le nouvel investisseur pourra bénéficier des mêmes avantages fiscaux. La nue-propriété est particulièrement recommandé dans une stratégie de transmission patrimoniale.
Un financement sans apport reste possible sous conditions d’octroi bancaire : patrimoine personnel existant, revenus très stables et élevés, taux d’endettement inférieur à 35 % assurance comprise, profil emprunteur solide. Cependant, un dossier de financement avec apport personnel de 10 % du bien sera plus facile à obtenir.
Pour une primo-accession en résidence principale uniquement, le PTZ peut couvrir une partie du financement.
Sources & références légales
- Code général des impôts — article 39 et 39 C (amortissements, loueurs en meublé), article 156 (déficit foncier et plafond d’imputation sur le revenu global), article 669 (barème usufruit / nue-propriété), article 125-0 A (fiscalité de l’assurance-vie). legifrance.gouv.fr
- Banque de France — taux du Livret A et taux directeurs, révisions par arrêté ministériel. banque-france.fr
- INSEE — Indice des Prix à la Consommation et Indice de Référence des Loyers, publications trimestrielles. insee.fr
- Impots.gouv.fr — barèmes de l’impôt sur le revenu, fiscalité des plus-values immobilières, régimes d’imposition des revenus fonciers et des locations meublées. impots.gouv.fr
- ANIL — fiches pratiques investissement locatif, droits et obligations du bailleur. anil.org
- Autorité des Marchés Financiers — cadre réglementaire du PEA, des SCPI et des unités de compte, mises en garde investisseurs. amf-france.org
- Service-public.fr — synthèses des dispositifs fiscaux immobiliers et du PTZ, à jour des textes en vigueur. service-public.fr
Le non-respect des engagements de location entraîne la perte du bénéfice des incitations fiscales. L’attention de l’acquéreur est attirée sur les risques afférents à un investissement locatif (ex. : non-respect des conditions d’octroi de l’incitation fiscale, y compris des conditions de mise en location, absence de locataire, loyers impayés, évolution défavorable du marché locatif) susceptibles d’entraîner la perte du bénéfice des incitations fiscales et/ou la remise en cause de l’équilibre financier de l’investissement.